Diario (chiquito) de Bolivia

21 octobre 2018

Au pays des Bolos

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Un Boliviano, c’est bien sûr un citoyen de l’état plurinational, mais c’est aussi l’unité monétaire en vigueur dans le pays. Un peu long pour un vocable au centre de nombreuses conversations dans une Bolivie à la fibre commerçante avérée. La cholita qui presse des oranges au coin de la rue ou le chauffeur de taxi utiliseront donc plutôt le terme de peso, commun à de nombreux pays d’Amérique latine, où même de pesito, sacrifiant en cela à la manie typiquement bolivienne du diminutif quasi-systématique.

Le Boliviano ou Bolo a pour l’instant résisté aux vagues inflationnistes qui contraignent Argentins ou Chiliens à se munir d’une mallette de billets pour descendre acheter des cigarettes. Il faut 8 Bolivianos (Bolos) pour obtenir un Euro, mais avec une pièce de 2 pesos, on peut faire 10 km en micro ou acheter quatre petites boules de pain au magasin du coin. Avec 5 pesos, régalez-vous d’un ananas déjà épluché au Mercado Abasto. Pour un repas complet (et copieux à défaut d’être raffiné !) dans un almuerzo popular, comptez 20 Bs maximum comme pour une course en taxi.

 comedor popular Mercado Los Pozos

 Le grand écart

Alors pas chère la Bolivie ? Il convient de relativiser dans un pays où le salaire minimum mis en place par Evo tourne actuellement autour de 2000 Bolivianos (225 euros). Mais il faut pour en bénéficier avoir la chance d'occuper un emploi dans une entreprise qui se soumet au cadre légal. Si le gouvernement peut s’enorgueillir d’avoir fait chuter la pauvreté extrême de 45,2% en 2000 à 17,1% en 2017, le pays reste encore marqué par l’importance de l’économie informelle et les écarts de revenus vertigineux entre les vendeurs de rues et les classes aisées dont font partie les riches propriétaires et industriels de Santa Cruz (sans parler des revenus souterrains du narcotrafic). Pour louer un logement aux normes occidentales, il vous en coûtera au moins 4000 Bs par mois, à peu près le prix d’une machine à laver ou d’un téléviseur. L’abonnement mensuel à Internet se chiffre à environ 400 Bs, deux fois moins pour un forfait téléphonique. Posséder sa voiture reste un luxe, ce qui n’empêche pas nombre de 4X4 japonais suréquipés achetés autour du million de Bolivianos de concurrencer  à grands coups de klaxon les vieilles guimbardes des taxis sur les avenues cruceñas.

En efectivo por favor

Comme dans tous les pays pauvres, on est toujours à la recherche de monnaie en Bolivie et les pièces et les petites coupures font souvent défaut au moment de passer à la caisse. C’est une difficulté car même si le paiement par carte bleue se développe, on n'utilise pas de chèques et c’est surtout en liquide que s’effectuent la plupart des transactions. Les billets (de mauvaise qualité et qui se détériorent vite) doivent donc faire l’objet de toutes les attentions. En arrivant en Bolivie, le voyageur est également surpris par l’extrême affluence dans les agences bancaires toutes équipées de salles d’attente surdimensionnées avec système d’affichage du numéro pour attendre son tour. Explication : ce sont les banques et les pharmacies (?) qui sont seules habilitées à recevoir les paiements des factures de certains services (eau, gaz, électricité Internet, mais aussi organismes éducatifs). Le procédé institué pour sécuriser les paiements et éviter les possibilités de corruption contraint nombre de Boliviens(et d'expatriés !) à se coltiner mensuellement une queue de près d’une heure pour régler une simple note de gaz de 8 Bs. Une illustration de la bureaucratie bolivienne sur laquelle on sera obligé de revenir tant elle constitue une réalité envahissante et difficilement supportable pour celui qui vit en Europe accoutumé à la simplicité des démarches administratives dans son pays (sous réserve de n’être ni Afghan, ni Erythréen !) Pas forcément un problème pour le Bolivien lambda doté d’une notion élastique du temps qui passe et d’une patience souvent à toute épreuve ! Peut-être se console-t-il en songeant à la décision que vient de rendre publique Evo Morales ? En vertu de la croissance économique qui se poursuit, tous les salariés de Bolivie auront droit à un treizième mois à la fin décembre. Une initiative populaire saluée par le monde du travail et l’auteur de ces lignes, un peu moins par les entrepreneurs de Santa Cruz…

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14 octobre 2018

Quand Israel rejoint la Palestine

Israel a vu le jour il y a environ un demi-siècle au pied du CerrIsraelo Rico, la montagne mythique de Potosi qui a arrosé d’argent pendant deux siècles la puissance coloniale espagnole, mais il triche sur son âge. Israel a plusieurs mères, une fille qui n’est pas la sienne. Il a vécu à Huari, sur l’altiplano bolivien, il a voyagé avec les bédouins dans le désert de Jordanie, bu du champagne dans les caves d’Epernay, fait la plonge dans le Poitou-Charente et dirigé une boîte de pub… Israel parle français, espagnol bien sûr mais aussi coréen, et il se défend plutôt pas mal en hébreu et en arabe … Ça vous plaît hein ? Vous en demandez encore. Eh bien écoutez l’histoire d’Israel Pastor, comment il vécut, comment il vit encore…

Israel et Séguela

Israel naît le dernier d’une famille de 14 enfants. Son père décède avant son premier anniversaire et c’est sa demi-sœur, institutrice, qui le prend sous son aile et l’emmène avec elle à Oruro. Trop jeune pour l’école, qu’à cela ne tienne ! Celle qu’il appelle sa mère ajoute un an à son état civil et Israel commence un parcours scolaire plutôt réussi. A 15 ans, lassé des vicissitudes familiales, il s’émancipe et part poursuivre sa scolarité sous le climat plus clément de Cochabamba. C'est là qu'après sa réussite au bac, il entreprend des études d'économie. En quête de travail, il s'installe ensuite à Santa Cruz où il a de la famille. Il y rencontre un Français qui monte une entreprise de publicité liée à la multinationale Euro RSCG. Compétent, organisé, Israel monte en grade et en responsabilité. Il devient le directeur administratif et financier et même le numéro 1 de la boîte quand son patron doit rentrer en France. Mais si Israel est un gestionnaire précieux, il n’a rien d’un requin de la pub ou d’un expert des marchés. La boîte coule et voici notre Potosino devenu Camba* de nouveau contraint à des expédients alimentaires. Curieux et avide de découvrir le monde, il répond donc sans hésiter à la demande de son ancien patron qui souhaiterait le faire venir en Europe.

L’alya comme passeport

C’est le début de l’aventure internationale pour le jeune Bolivien qui découvre les flâneries dans les rues de Paris, s’enivre de bulles en Champagne où il accompagne son patron et ami. Mais la belle vie n’a qu’un temps et Israel est vite rattrapé par la patrouille en l’occurrence par l’extinction de son visa de touriste. Pour rester, Israel reprend le chemin de la fac de Poitiers en même temps qu’un boulot dans un restaurant. Il y étudie le français, puis le coréen, faute de place dans la section de chinois qu’il aurait aimé apprendre ! Fin des études, fin du visa et Israel n’a toujours pas envie de rentrer en Bolivie ! Pourquoi pas Israël ? Non pas à cause du nom mais parce que le pays est plutôt accueillant pour les étrangers. Israel n’est pas juif ? D’accord mais il peut le devenir à la faveur de l’alya ! Israel étudie l’hébreu, la Thora, entreprend les démarches. Il en profite pour explorer les moindres recoins du micro-état où il se sent un peu à l’étroit même s’il apprécie le côté cosmopolite  de sa population. Visite de la Palestine, virée dans le désert jordanien, Israel étanche sa soif d’échanges et de culture en prenant, à la bolivienne, quelques libertés avec les frontières. Las, Israel, pour une fois, échoue à un examen, il ne souscrit pas aux conditions de l’alya (on s’en serait un peu douté !). Retour à la case France puis à Santa Cruz, le pays des droits de l’homme et les services préfectoraux de la Vienne l’ayant gentiment invité à regagner ses pénates.

Sa vie dans les romans

Fin d’un chapitre mais pas du roman de la vie d’Israel qui passe désormais ses journées entouré des livres de la bibliothèque du lycée français de Santa Cruz. « C’est un signe du destin pour moi dont les valises étaient toujours remplies à mDSC_0089oitié par les livres », s’amuse-t-il. Israel a trouvé une activité qui lui correspond « Moi qui aime avoir les livres bien rangés, ça me fait plaisir de voir du désordre après le passage des élèves. » Le métier de bibliothécaire lui laisse un peu de temps pour son activité de comptable qu’il exerce toujours un peu, pour la photo (c’est lui le photographe officiel du lycée), pour le jeu d’ échecs ou pour la philosophie qu’il pratique régulièrement au sein du colegio abierto de filosofia de Santa Cruz. Sinon, Israel, c’est aussi le copain toujours prêt à sacrifier une soirée pour vous accompagner dans la recherche d'un appartement ou vous aider à marchander un frigo et  à l’amarrer sur le toit d’un taxi. Côté politique, s’il répugne à s’impliquer, il ne manque pas de s’y intéresser selon la maxime qu’il a fait sienne : « Si tu n’es pas capable d’agir pour quelque chose, raison de plus pour l’observer ». Pour en savoir plus, il vous faudra passer la soirée avec lui dans un bar de Santa Cruz autour de quelques bières, des Huari de préférence ! Mais dépêchez vous, il se pourrait qu’il reparte un de ces jours…

 *habitant de la région de Santa Cruz

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07 octobre 2018

Chiquitania : La délicate position du missionnaire

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 Le sabre, le goupillon et les jésuites

1767 : le roi d’Espagne Charles III décide de mettre un terme aux missions jésuites également dénommées réductions (reducciones). Comme son rival portugais au Brésil, Charles voit d’un mauvais œil ces micro-sociétés qui prospèrent dans la forêt tropicale autour des figures tutélaires que sont les frères jésuites. En ces temps troublés où la mondialisation jette ses premières ancres, le seul choix laissé à l’Amérindien est souvent le sabre ou la croix, la fuite ou l’esclavage. Dans ce contexte barbare, les réductions jésuites dénotent avec leur esprit communautaire, leur vie paisible organisée autour de l’agriculture , l’élevage, la religion et la musique baroque transportée dans leurs bagages par des hommes d’église idéalistes tel le jésuite suisse Martin Schmid (1694-1772) architecte à l’origine des missions de la région de Chiquitania, au Sud-Ouest de Santa Cruz.

La douce vie des Chiquitos

Abandonnées par leurs évangélisateurs, les communautés autochtones, que les espagnols frappés par leur petite taille ont baptisées Chiquitos, sont restées dans cette région à la fois hospitalière, généreuse et peu fréquentée donc à l’écart des pillages et des exactions. Ils conservent les églises et y perpétuent un catholicisme empreint de la diversité des croyances indigènes et du poids de l’histoire coloniale. Aujourd’hui six de ces missions, inscrites au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, ont fait l’objet de réhabilitations et de restaurations particulièrement soignées. Leur visite donne l’occasion de se transporter trois siècles plus tôt et d’admirer une architecture à la fois simple, belle et ingénieuse, utilisant à merveille les matériaux locaux comme ces immenses arbres tropicaux transformés en colonnes délicatement ouvragées supportant la charpente de bois (voir l’album ci-contre). C’est aussi une rencontre avec une population accueillante, épicurienne et un rien indolente qui flâne le soir en terrasse, sillonne les pistes de terre rouge sur des motocyclettes jamais énervées, se trempe avec délectation dans les rivières et les lacs pour se préserver d’une chaleur parfois étouffante.

Revenir à Concepción

De quoi susciter l’envie d’échapper de temps à autres à la frénésie de Santa Cruz pour revenir assister au festival de l’orchidée de Concepción ou aux concerts de musique baroque qui résonnent tous les deux ans à San Javier ou à San Miguel. A l’infortuné lecteur, curieux d’en savoir plus et resté de l’autre côté de l’Atlantique, conseillons la vision du grandiose et émouvant Mission de Roland Joffé et la lecture de l’excellent reportage réalisé sur place pour le Figaro (personne n’est parfait) par l’écrivain-journaliste Sébastien Lapaque.

 

 

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30 septembre 2018

Dis bonjour au micro

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« A pied, à cheval, en voiture ou en bateau à voile… » N’en déplaise à ce bon vieux Jacquot, pour le Bolivien urbain moyen appelé à se déplacer ce serait plutôt « en micro, en taxi ou en truffi » (voir l’album photo Transports). Les rues de Santa Cruz témoignent du peu de goût de l’autochtone pour la marche à pied, activité il est vrai relativement périlleuse au regard du comportement sans foi ni loi de la grande majorité des automobilistes et de l’état catastrophique des trottoirs quand il y en a. Rajoutons à ces obstacles le soleil de plomb qui darde ses rayons les trois quarts du temps et l’indolence tropicale légendaire des Cruceños, parmi lesquels les plus fortunés réservent leurs efforts au cadre confiné et climatisé des clubs de fitness.

Toyota : toujours mieux, toujours plus loin !

Cessons de nous gausser pour saluer un moyen de transport rapide, efficace, bon marché et très populaire chez les plus pauvres qui ne peuvent acquitter régulièrement les 20 bolivianos (2,50 €) demandés pour une course en taxi et encore moins s’offrir un de ces énormes 4x4 ou pick-up qui sillonnent en grand nombre Santa Cruz, climatisation et sono à fond les ballons. Le micro, donc, puisque c’est de lui qu’il s’agit est un mini-bus d’une vingtaine de places, le plus souvent fabriqué au Japon. Il appartient à une coopérative de transport qui se l’est procuré d’occase dans un marché spécifique qui recycle des véhicules ayant effectué une première carrière au pays du soleil levant. Moyennant une redevance, le chauffeur est affecté sur une des 130 lignes de Santa Cruz, desservant le moindre recoin de la ville qui s’étale sur plus de 300 kilomètres carrés. J’entends d’ici le lecteur ironiser « Ouais, c’est la RATP bolivienne quoi ! »

Prix, rapidité, souplesse

Détrompez-vous, le système ne manque pas d’avantages comparatifs face à nos sociétés de transport urbain européennes. Tout d’abord le prix : 2 bolivianos (1 boliviano pour les étudiants, gratuit pour les personnes en situation de handicap), soit 0, 25 € pour ceux qui ont des lacunes en maths ou qui ont zappé le paragraphe précédent. Ensuite pas d'attente : le nombre impressionnant de véhicules par ligne vous assure de ne pas rester plus de cinq minutes sous la chaleur ou la pluie diluvienne qui s'abat régulièrement sur Santa Cruz. Enfin, la souplesse : pas de ticket, on paie directement au chauffeur (prévoyez la monnaie, quasi-impossible de changer un billet) et l’assurance de monter et de descendre quand on veut sur le trajet. Pour arrêter le micro, il suffit de se placer sur le bord de la route en levant le bras. Pour descendre, prononcer la phrase magique : « Pare por favor ! » et le maestro de piller illico sur sa pédale de freins pour vous débarquer à l’endroit exact souhaité au mépris des véhicules qui le suivent.

Musique maestro !

Vous l’aurez compris, côté inconvénients, il vous faudra accepter une certaine prise de risque relative au trafic bolivien et à l’état parfois aléatoire du véhicule. A ce prix, l’amabilité du chauffeur n’est pas non plus forcément incluse mais vous gagnez une immersion à peu de frais dans la culture populaire bolivienne : feuille de coca mâchonnée par votre chauffeur, intérieur du bus décoré selon ses affinités religieuses, géographiques ou footballistiques. Et cerise sur le micro, une ambiance musicale traduisant là aussi la sensibilité du conducteur : reggaeton pour les plus jeunes, cumbia, musique brésilienne, air des Andes pour les émigrés de la Paz... On a même parfois la chance de voir grimper comme dans le métro parisien des musiciens, des poètes de rue ou des rappeurs venus vous extorquer quelques pesos.

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24 septembre 2018

EVO MESSI o EVO NO ?

Où on évoque une ascension fulgurante, une faute politique de taille, les travaux publics et le football...

A toIMG-20180923-WA0001ut seigneur tout honneur. Difficile de ne pas consacrer à Evo Morales le premier article de ce blog. Evo (comme l’appellent tous les Boliviens) est issu d’une famille pauvre aymara et doit émigrer dans la région fertile du Chaparé pour se muer à la fois en cocalero (cultivateur de coca) et en un leader syndicaliste  reconnu et craint par le pouvoir. Il entame une carrière politique en 1999 au sein du MAS (Movimiento al socialismo). Son intelligence politique, sa popularité auprès des Amérindiens (majoritaires en Bolivie) lui permettent en 2006 de devenir le premier Président indigène d'Amérique latine. Dans un pays champion du monde des coups d'état et des gouvernements éphémères, Evo s'offre trois réélections successives qui valident ses options politiques : nationalisation des industries de matière première (même si les multinationales ne sont pas mises à la porte), développement de l’éducation avec une campagne d’alphabétisation, accès pour tous à la santé, hausse du revenu minimum, développement de la parité et respect des minorités. D'une forte charge symbolique, l'avènement en 2009 de l’état plurinational reconnaît 34 langues indigènes et donne la possibilité aux représentants des communautés d’accéder aux responsabilités…

Des nuages dans le ciel de La Paz

Mais au fil des mandats et des casseroles de plus en plus nombreuses trimballées par l’« hermano Presidente », son avenir politique qui se jouera en 2019 lors des prochaines présidentielles n’a plus la limpidité du ciel de La Paz. Evo est accusé de corruption à la suite d’une sombre affaire où il aurait favorisé une ancienne compagne (le Président à près de 60 ans est resté célibataire). On lui prête un certain immobilisme face à la gangrène du narco-trafic, son passé de cocalero l’incitant à défendre avec un peu trop d’ardeur les vertus traditionnelles de la feuille de coca et les paysans qui en vivent. Le camarade Président multiplie également les entorses aux droits des peuples indigènes et les atteintes à la terre nourricière (Pacha Mama) qu’il prétend pourtant défendre en développant sans concertation voies de communication et complexes industriels, certes indispensables au développement du pays. Les objectifs de lutte contre la pauvreté, d’éducation et de santé progressent très lentement malgré une hausse constante du PIB et l’enrichissement préservé des investisseurs et des industriels.

Plus qu’une erreur, une faute

De surcroit, Evo traîne comme un boulet une erreur politique notoire. En février 2016, il organise un référendum pour demander à son peuple de modifier la Constitution du pays qui lui interdit de se représenter une quatrième fois C’est le non qui l’emporte avec 51,3 % des suffrages. Qu’à cela ne tienne, Evo s’assoit sur ce résultat au motif de la campagne de dénigrement dont il a fait l’objet et du faible différentiel de voix et demande au Tribunal constitutionnel, qui s'éxécute derechef, de l’autoriser à nouveau à se présenter en 2019. Ce camouflet à la démocratie donne naissance au mouvement du 21 février. Piloté par de nombreuses associations et mouvements politiques ce foyer quasi-insurrectionnel est particulièrement vivace dans la riche région de Santa Cruz qui manifeste depuis un moment déjà des velléités indépendantistes (écouter le dernier rap anti Evo en vogue à Santa Cruz). Pour éteindre les braises, Evo déjà en campagne, s’est déplacé à San Jose de Chiquitos pour inaugurer la mise en chantier de la route San Jose-San Ignacio de Velasco. Un ruban d’asphalte attendu par les communautés chiquitanias qui vivent de l’agriculture et qui favorisera le développement touristique d’une zone abritant les splendides missions jésuites du XVIIe Siècle. C’est là que nous l’avons croisé en personne sur la place de San Jose au milieu de ses supporters et des chiquitaniens venus lui réclamer qui une connexion au réseau d’eau potable, qui une école, qui un bisou pour leur petite dernière…

Evo, Vladimir et Emmanuel, même match ?

Sinon Evo est aussi un fan de foot. Il a même signé à 57 ans une licence dans un club pro bolivien. Ca le rendrait plutôt sympa, même s'il se montre parfois mauvais joueur. Sauf que l’autre jour on est tombé sur un match de foot en salle à la télé où l’équipe du Président  affrontait l’équipe municipale de Potosi. Complaisance des adversaires, soumission totale des partenaires uniquement obnubilés par la volonté de faire briller le camarade Président auteur d’une bonne dizaine de buts… Le match avait tout d’une démonstration de hockey à la Poutine ou de la prestation tennistique de Macron sur la place de la Concorde. Fais gaffe Evo à ne pas te prendre pour Messi, ça pourrait mal finir…

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